L’homme qui marche : l’œuvre majeure d’Alberto Giacometti

Publié le : 26 octobre 20213 mins de lecture

 » L’homme qui marche » d’Alberto Giacometti est connu dans le monde entier. Il s’agit d’une création en bronze, un matériau très lourd, qui contraste tout naturellement avec la nudité et la fragilité de ce corps en déplacement. L’homme qu’il représente semble seul et solitaire, pathétique étant donné que ces pieds sont enracinés. L’homme est seul face au monde entier.

Une œuvre remarquable

Un homme qui avance, une silhouette filiforme, qui fait penser à une esquisse et un corps marqué par une maigreur extrême. Des jambes immenses qui étirent le personnage en longueur, mais qui semblent marcher de manière déterminée. Les genoux sont raides, les bras légèrement repliés semblent maintenir ce long corps dans une même position sans reproduire l’effet balancier que le corps humain présente pour se déplacer. La tête est en exact prolongement avec la jambe gauche et le buste penché en avant semble entrainer la silhouette toute entière dans ce mouvement vers l’avant. L’homme dont le corps n’a presque plus rien d’humain a des pieds disproportionnés, un visage flou sans aucun détail et il ne peut être identifié à une personne réelle.

Un chef-d’œuvre de la sculpture moderne

Alberto Giacometti a réalisé « l’homme qui marche », en 1960 et il en existe plusieurs versions. Il s’agit d’une œuvre emblématique de l’artiste et elle marqua pour toujours l’univers de la sculpture. Comme il en existe plusieurs tirages, il est possible d’admirer le chef-d’œuvre à plusieurs endroits comme à l’Institut Giacometti à Paris ou à la Fondation Maeght à Saint-Paul-de-Vence. « L’Homme qui marche » est la traduction concrète d’un nouvel humaniste issu de la période d’après-guerre. Alberto Giacometti s’est distingué par ces silhouettes étiques où le volume est réduit à une simple ligne, mais qui s’anime par un traitement singulier de la surface.

Un sculpteur inspiré par Rodin

Giacometti était empreint par l’art étrusque et les formes des corps moulés suite à l’éruption du Vésuve à Pompéi. En 1932, il a d’abord sculpté une Femme qui marche, avant de créer quinze ans plus tard « l’Homme qui marche ». L’œuvre est aussi le fruit des traumatismes de la guerre, des camps de concentration nazis et de l’angoisse d’un holocauste nucléaire. Les versions de 1 à 3 datent des années 60 quand l’artiste a cherché à investir la place du marché de l’art américain. Il a procédé à plusieurs fontes de  » l’Homme qui marche » avant que l’œuvre ne devienne le point d’orgue de sa création artistique.

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